14 janvier 2007
LU - Eldorado, de Laurent Gaudé
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RÉSUMÉ DU LIVRE
Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen...
J'imagine que vous avez tout et toutes lu le Soleil des Scorta et qu'un autre Laurent Gaude ne pouvait pas vous laisser totalement insensibles. Surtout avec cette grande couverture bleue, et ce bateau qui semble couler dans cette mer si chaude. De retour en Italie et en Afrique dans ce livre retraçant plusieurs histoires: celle des Africains qui tentent, au risque de leurs vies, de gagner l'Europe, celle d'un commandant italien, partage par sa double mission de sauver les vies, puis de renvoyer les passagers des boat people a leurs tristes destins, celle de cette mère qui a perdu son bébé sur un bateau abandonne a son sort par ses commanditaires, et qui va repartir se vanger au Li ban.
Mélange d'actualité, de fiction, de poésie, d'évasion et de tristesse aussi, sans théorie, ni grandes leçons. Pas besoin d'en rajouter car l'écriture toujours aussi limpide suffit a faire passer la force des sentiments, la rudesse des lieux, les désespoirs individuels.
Pas trop d'hésitation donc!
02 novembre 2006
LU - Cris, de Laurent Gaude
Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M'Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : 'l'homme-cochon'. A l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement. Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l'immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.


