10 novembre 2006
LU - Et des amours desquelles nous parlons, de Jean-Denis Bredin
Un homme, trois femmes. Lui, c'est Claude, un professeur de lettres. Autour de lui, Agnès, avec laquelle il a doucement construit une histoire d'amour qui devient conjugale ; Judith, la maîtresse mariée qui bovaryse et « beauvoirise », et s'offre les plaisirs interdits de l'adultère en s'arrangeant pour ne pas compromettre son confort ; Estelle, enfin, qui, le temps d'un éclair, fera deviner à Claude ce que peut être la passion…
Il parait qu'il s'agit d'un «fond de tiroir», écrit dans les années 1960, retrouvé au hasard pour le plaisir de nos yeux. Aventures imaginaires retouchées. Désillusions amoureuses d'un homme somme toute incapable d'aimer, et de choisir. Portrait si juste d'un pauvre caractère, d'un homme faible peu aimable et pourtant si aime.
"C'était si simple d'être tantôt en deçà, tantôt au-delà, d'avoir les mots de l'amour sans les prendre au sérieux, et, le reste du temps, selon l'heure, le vocabulaire du flirt ou de l'amitié, avec en plus, pour entretenir l'indécision, les regards sans fin, les silences graves ou voluptueux soudain démystifiés d'un sourire!"
Il faut que jeunesse se fasse. Jean-Denis Bredin n'a plus ce problème: il siège a l'Academie Française
De Pierre de Ronsard: Les Amours de Marie
Je vous envoie un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies;
Qui ne les eût à ce vêpre cueillies,
Chutes à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de temps cherront toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.
Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame;
Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.
Pour c'aimez moi, cependant qu'êtes belle

