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trapezisteRÉSUMÉ DU LIVRE

Flore Dubreuil se casse régulièrement ses jolies dents dans le monde des gens connus et savoure les purs moments de "vie facile" qui jalonnent son quotidien de galérienne.
Les filles comme Flore ne savent pas vraiment où elles en sont et cherchent la meilleure manière de naviguer entre les fêtes au dom pérignon et les découverts bancaires sans attraper le mal de mer. Pourtant, elle ne dit pas grand-chose de sa vie qui va de travers. Elle sait bien que si elle raconte à ses amis du beau monde son assurance voiture qu'elle n'a pas payée depuis huit mois et l'huissier qui veut débarquer à la maison " avec frais de serrurier et cassage de porte " à sa charge, ils ne feront rien.
Ces gens-là ne savent pas ce qu'est la vraie compassion, ils ne connaissent que la surface des choses et commencent toutes leurs phrases par "ma pauvre chérie", "mon cœur " ou "ma belle", qui veulent simplement dire qu'ils ont oublié votre prénom.

Il y a temps de livres "girlie" a livre, je me suis dit que j'allais tenter celui-ci, d'autant plus que Tristane Banon (déja tout un programme, ce prénom et ce nom!) avait eu un petit succés d'édition avec "J'ai oublié de la tuer", et quelques bons échos dans la presse, et meme un passage chez PPDA, auquel ce livre est dédié!... Voila le résultat des courses. Quelques citations pour commencer. Cela risque de vous décourager, mais il faut prendre le temps.

"Mon quotidien, c'est le grand écart, un numéro de trapéziste entre le très haut et le très bas. Je n'ai jamais vraiment aimé les numéros de crique. Pourtant, je crois que j'aime bien ma vie."

"Ma vie est beaucoup plus drôle lorsque je l'écris. D'ailleurs c'est seulement ainsi qu'elle me paraît supportable."

"La petite sauterie se passe dans une cave. Une cave quand c'est à Saint Germain des près, ça devient tout de suite classe."

"Je suis une fille facile à quitter"

"Bizarrement, une fille que les hommes n'ont jamais le temps de faire souffrir fait fantasmer."

et en final, tout un paragraphe!

« Qu’on me laisse l’illusion que cette vie est ma très grande richesse. Je suis libre, c’est mon bien le plus cher. Je ne suis pas vraiment fière de ça, je l’ai hérité de ce qu’on a ravagé dans ma tête quand j’étais gamine. Elle ne peut plus me plaire, la vie balisée. Je garde mes petits boulots qui font manger, parfois. Et si je ne peux plus manger, je sortirai et je boirai. L’alcool est souvent gratuit quand on connaît du monde. Quand je n’en pourrai plus de boire, je poserai pour quelques photos de mode qui illustreront des catalogues de vêtements pas toujours jolis, et je remercierai ma tendre mère de m’avoir fait un visage qui “prend la lumière” et une confection 34. Je garde ma vie hors norme et sans contrainte. Je garde mon incertitude du lendemain et mes coups de cafard. Je garde tout, puisque, de toute façon, vous ne voulez pas de moi dans vos boutiques. »

Alors?

Ce livre nous entraîne bien dans la vie totalement débridée d'une jeune parisienne, belle plante blonde, célibataire, fauchée et libérée. Pas mal de Saint Germain des Prés (what else?), beaucoup de soirées en boite, énormement de champagne, de week-ends, quelques hommes célébres de passage, un découvert bancaire permament, un frigidaire vide (pas grave) et un banquier compréhensif. Je n'ai pas bien compté le nombre de partenaires de la belle, ni retenu leur age. Les professions de ceux-ci sont en général médiatiques. Je me suis souvenu du lien de parenté de l'un d'entre eux - glauque. Un peu de name dropping pour animer le tout. Le style Bridget Jones s'invite au début de chaque chapitre: date, montant du découvert, assurance impayée, quantité de champagne bue, heures de plaisir ou de désespoir.

En conclusion, pas un monument littéraire, mais une bonne mise a jour sur le milieu germano-pratin au début du XXI eme siecle. Amour, gloire et beauté! Et un peu de sexe quand-meme! Comme quoi rien ne change.

J'ai lu mon livre girlie.

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