30 janvier 2007
LU - Ecume Palace, de Arnaud Guillon
118
Écrivain en mal d’inspiration, François quitte Paris pendant la canicule, pour se réfugier à Granville où, enfant, il passait ses vacances. Au hasard des rencontres, il se souvient de ceux qu’il a aimés. Le présent le rattrape au moment où il se laisse aller à la nostalgie.
Après "Près du Corps", j'ai reussi a me procurer Ecume Palace, et poursuivre ma découverte des quelques livres d'Arnaud Guillon. Le décor n'a pas vraiment changé: toujours Granville et la Normandie. Plus de grand-père cette fois-ci, ni de famille,mais une multitude d'amis, maintenant trentenaires, qui ont tous poursuivi leur existence, chacun de leurs cotés. Certains mariés, d'autres célibataires ou sur la voie d'un divorce que l'on sent pointer. Le héros a abandonne sa compagne a Paris pour retrouver finalement une jeune veuve dont il fut autrefois amoureux, avant qu'elle ne parte dans les bras de son meilleur ami, maintenant décedé.
Le présent du livre continue de se nourrir du passé de tous ces personnages, auquel rien ne nous attache particulièrement puisque le livre est court et ne permet pas d'élaborer de longues histoires. Le talent d'Arnaud Guillon continue a nous faire baigner dans une nostalgie des années 70 toute modianesque.
Conquis, je continue prochainement avec Hit Parade, qui vient de sortir en librairie chez Plon.
Ensuite, il me faudra trouver 15 Août...
29 janvier 2007
LU - Sa passion, de Véronique Olmi
180
RÉSUMÉ DU LIVRE
Sa passion est le récit d'une enfance revécue le temps d'une nuit par une jeune femme amoureuse et humiliée.
Hélène a 35 ans, elle est écrivain, et cette nuit-là elle dort dans un hôtel isolé de Sologne où elle s'est rendue pour une foire du Livre. Il y a dix jours elle a quitté Patrick, le seul homme qu'elle ait aimé, mais marié, et qui n'a pas choisi de tout quitter pour elle. Cette nuit-là, après dix jours d'insupportables silences, ils se parlent au téléphone, conversation troublée et maladroite où Hélène relate (ou invente, peu importe) qu'un homme vient de lui faire des avances et a déclaré vouloir quitter sa femme pour elle.
A l'autre bout du fil, depuis Paris, l'homme aimé, adoré, rit… Hélène éteint son téléphone… La nuit commence…
Dans la chambre d'hôtel froide et anonyme, alors qu'au dehors les bêtes sauvages redoutent l'aube qui annoncera la reprise de la chasse, Hélène se souvient. Le prix de l'amour. Le chèque mensuel que la cousine faisait à ses parents pour avoir le droit de l'avoir en alternance. Les incessants va et vient entre deux mondes opposés, les pauvres et les riches, les nécessiteux et les puissants…
Qui l'aimait alors ? Tout le monde. Qui l'avait choisie vraiment ? Personne…
Et surtout, qui lui manquait réellement, aujourd'hui ? Quel homme ? Le père, adoré, dont elle n'aura jamais comblé la pauvreté ? Ou Patrick, son premier amour, dont le rire a brouillé les sentiments et les souvenirs ?
Après une nuit d'insomnie, Hélène rejoint le monde des chasseurs et des bêtes traquées et décide de résoudre à jamais, l'énigme de sa passion…
L'héroïne est écrivain, perdue dans un petit salon du livre en province, logée dans un hôtel pommé au milieu de nulle part. Les ingrédients glauques sont a peu près en place.
Et en effet, c'est pas la frite, elle est raide dingue amoureuse (LE GRAND AMOUR), mais d'un homme marié, acteur de cinéma. Et a priori, ça ne va pas le faire. Finies, détruites les grandes heures d'amours a Paris. Médor reste a la niche. Elle se consume. On la retrouve plus jeune aussi, comme si la passion de l'âge adulte ne suffisait pas totalement a la matière du livre ... Bizarre, parce que celui-ci y perd son souffle, sa force.
Allez savoir pourquoi (ah si, l'intrigue!), elle quitte son hôtel en pleine nuit (le déclic), se retrouve dans la foret, pique une voiture de chasseur, et retourne vers la capitale, ou plus précisément Boulogne, au domicile de son amant. Et la...
J'imagine qu'il doit y avoir beaucoup de vécu dans ce livre. A part la fin sans doute...
Cela ne doit pas être drôle d'être Véronique Olmi dans la vie. A se demander si ce n'est d'ailleurs pas pour cela qu'on achète ses livres!
26 janvier 2007
LU - La classe de neige, de Emmanuel Carrère
148
RÉSUMÉ DU LIVRE
Dès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même l'a toujours su. Pendant la classe de neige, ses peurs d'enfant vont tourner au cauchemar. À partir de la disparition d'un gosse du village, Nicolas invente une histoire rocambolesque de trafiquants d'organes qui s'attaquent aux enfants pour leur voler leurs yeux ou un rein. Et l'imagination débridée de Nicolas n'est peut-être pas si éloignée que cela de la réalité: si nous ignorons d'où va surgir le danger, quelle forme il va prendre, qui va en être l'instrument, nous savons que quelque chose est en marche. Quelque chose de terrible, qui ne s'arrêtera pas.
La classe de neige, c'est avant tout l'histoire d'un enfant au départ fragile, angoissé et qui se crée des montagnes de soucis pour un rien. Le départ pour une dizaine de jours ne représente donc pas la meilleure des nouvelles pour lui, puisqu'il va perdre la protection de ses parents omniprésents.
Arrivés après les autres, ayant oublié ses affaires dans le coffre de la voiture de son père, il se démarque déjà du reste du groupe, et craint par avance les cruautés de ses petits camarades, ou de faire pipi au lit. Celles-ci n'arrivent pourtant pas. La classe de neige n'est donc pas un livre sur les cruautés que peuvent se faire les enfants entre eux, surtout lorsqu'il s'agit de dominer les plus faibles ou ceux qui n'arrivent pas a s'intégrer.
Non, c'est plus un livre sur l'imaginaire de Nicolas, qui se construit un monde et des amitiés virtuelles, avec le mono, avec le plus grand de la classe, pour tenter de passer au travers des évènements, et faire comme si il était finalement ailleurs. Sans succés
Cet univers parallèle va finir par apporter son lot de tension et de cruelles bizarreries. Nicolas est de plus en plus tendu, et se réfugie de plus en plus dans un imaginaire dont il deviendrait en quelque sorte un petit héros. Le drame se met peu a peu en place, et la réalité douloureuse va rattraper le jeune garçon.
La fin est telle qu'on l'attendait, mais je ne la dévoile pas! Cruelle.
Prix Fémina 1998.
25 janvier 2007
ACTU - Mitsuba, de Aki Shimazaki
160
RÉSUMÉ DU LIVRE
L'histoire d'un jeune cadre japonais qui tombe amoureux au moment où sa société lui propose un poste important dans une succursale à l'étranger illustre la violence terrible des lois sociales au Japon.
ACTU - Autrefois Diana, de Jean-Baptiste Predali
160
RESUME DU LIVRE
Remarquablement conduit, un roman sur la mémoire troublée de l'occupation de la Corse par les Italiens pendant la Seconde Guerre mondiale. Un récit subtil qui met à merveille en évidence les équivoques, les contradictions, le double poids du passé sur le présent et du présent sur le dévoilement du passé. Ou comment une île n'a cessé de réécrire son histoire entre mots et armes.
ACTU - Madame Wakefield, de Eduardo Berti
200
RESUME DU LIVRE
Au début du XIXe siècle à Londres, un homme s'absente pour un "bref" voyage d'affaires. Sa femme attend vingt ans le retour de celui qui s'est installé dans la rue d'à côté. Une brillante réécriture du conte de Hawthorne, considéré par Borges comme l'ancêtre direct de Kafka.
ACTU - Maneges, de Laura Alcoba
144
RÉSUMÉ DU LIVRE
« Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit.
Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal.
Je n'ai que sept ans mais j'ai compris à quel point il est important de se taire. »
ACTU - La femme de hasard, de Jonathan Coe
192
RÉSUMÉ DU LIVRE
Maria, une jeune fille de milieu modeste, vit aux environs de Birmingham. Indifférente par choix, indécise par nature, elle trouve que l'on fait beaucoup de bruit pour peu de chose. Que valent les succès aux examens et les déclarations de Ronny qui l'aime désespérément, que penser des amis de classe avec leurs vacheries et leurs cancans… Seul le chat, un exemple d'indifférence satisfaite, lui donne à penser qu'une forme de bonheur est possible. Mais comment être heureux lorsque votre vie est une succession d'accidents, de hasards…
Premier roman de Jonathan Coe, La Femme de hasard décrit une sinistre histoire, celle de Maria et ses désillusions. Toujours soucieux de lucidité et de démystification, Jonathan Coe se livre à une descente en flammes de toutes les institutions prisées dans la société et des formes couramment admises de bonheur, et fait de ce premier roman une œuvre exemplaire.
24 janvier 2007
LU - La chambre des officiers, de Marc Dugain
172
RÉSUMÉ DU LIVRE
En 1914, tout sourit à Adrien, ingénieur officier. Mais, au début de la guerre, lors d'une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d'obus le défigure. En un instant, il est devenu un monstre, une "gueule cassée".
Adrien ne connaîtra ni l'horreur des tranchées ni la boue, le froid, la peur ou les rats. Transféré au Val-de-Grâce, il rejoint une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir où l'on ne se voit que dans le regard des autres. Il y restera cinq ans. Cinq ans entre parenthèses. Cinq ans pour penser à l'avenir, à l'après-guerre, à Clémence qui l'a connu avec son visage d'ange. Cinq ans à nouer des amitiés déterminantes pour le reste de son existence...
Voila, c'est fait, j'ai enfin lu ""La chambre des officiers" !
Depuis quelques temps déjà, je tournais autour de ce livre sorti en 1998, qui a obtenu le prix des Libraires (pas vraiment d'actualité!). Depuis un film a été réalisé, qui a manifestement remporte tous les suffrages (il va falloir attendre une diffusion télévisée...).
Résultat, deux heures de lecture ininterrompue. La quatrième de couverture ne peut pas plus correspondre a la réalité du livre lui-même, qui raconte pour une fois la guerre de 14-18 en dehors des tranchées, puisque Adrien est blesse des les premiers jours de combats.
Histoire d'hommes et de femmes qui n'ont pas perdu la vie, mais leur visage, et donc une partie de leur identité, de leurs espoirs, de leurs désirs. Et vont se reconstruire avec force et courage, avec leurs amis de souffrance, les Gueules Cassées, dont le grand-père de Marc Dugain faisait manifestement partie.
Premières ébauches de chirurgie réparatrice, efforts pour sauver les autres grands blesses de la tentation du suicide, amitié indestructible entre trois officiers de milieux totalement différents, ainsi qu'une femme également défigurée qui partage leur long séjour au Val de Grâce, renaissance du désir, pour ne pas sombrer. Nouvelles vies après la guerre. Seconde guerre mondiale. Tout est décrit avec les mots justes qui suffisent a faire partager tous les moments de ces héros. Dernière phrase toute simple, qui résume la force qu'ils ont su tirer de leur expérience:
- On va leur apprendre la gaieté.
Après le livre, il va vraiment falloir trouver le DVD!
23 janvier 2007
LU - Près du corps, de Arnaud Guillon
RÉSUMÉ DU LIVRE
Daddy vient de mourir dans sa villa au bord de la mer. Jacques, l'aîné de ses petits-enfants, chirurgien d'une quarantaine d'années, rejoint en Normandie ceux de ses parents qui passaient l'été dans la maison. En même temps qu'il raconte les dernières heures d'une vie riche en péripéties, il se souvient de son enfance avec son frère et ses cousins dans ce lieu magique. Toute la famille est bientôt réunie dans la villa, comme en vase clos, tandis que dehors le soleil brille et les gens profitent de la plage et de la mer qui s'étendent au bout du jardin. Ces retrouvailles seront l'occasion d'explications, de confidences restées trop longtemps enfouies. Elles permettront aussi de mesurer le chemin que chacun a parcouru depuis des années, avec plus ou moins de bonheur, ou de difficultés. Arnaud Guillon, dans son style épuré, met une fois encore en parallèle le passé et le présent, si étroitement liés quand sonne l'heure des premiers bilans.
Près du corps est un cours roman bâti autour d'un lieu: une maison de famille et son jardin en bord de mer quelque part en Normandie et un évènement: la mort de Daddy, l'arrière grand-père de 91 ans.
Tous les membres de la famille, les voisins et quelques amis reviennent peu a peu dans les lieux ou ils ont tous passes de beaux moments. Leurs souvenirs sont plus ou moins lointains selon la fidélité qu'ils ont garde aux personnes, aux choses, a la plage, au jardin, et les aléas de leurs vies respectives.
Les chapitres du livre alternent donc moments présents et souvenirs du passe. mettant en scène chacun des personnages, et progressant peu a peu vers les funérailles de Daddy. Une page qui se tourne...
Les retrouvailles, l'évocation des secrets caches mais soupçonnés, les larmes qui s'échappent, tout est décrit simplement, sans fioriture ni longue description, si bien que l'on se sent comme chez soi dans cette maison, ce jardin, ou sur la plage avec les plus jeunes cousins qui ne comprennent pas bien le sens de la mort, et le reste de la famille qui se retrouve enfin.

