Bebebook - Les petits livres

Rien a lire? Vous aimez les petits livres et bouquins de moins de deux cents pages. Faciles a lire, pas trop chers. Livres de poche ou pas. Ne pas s'y perdre, les lire d'une seule traite, ne rien oublier du debut a la fin. Des petits tresors.

29 novembre 2006

LU - Virginia, de Jens Christian Grøndahl

virginia

Nous sommes en 1943, et les bruits de la guerre n'epargnent pas meme cette grande demeure bourgeoise, construite a l'ecart de ce hameau au bord de la mer du Nord. Ses proprietaires, un couple sans enfants, accueillent leur jeune neveu de quatorze ans, mais aussi la fille adolescente de la couturiere de Madame, pour la mettre a l'abri des bombardements qui menacent Copenhague. Lorsqu'un avion britannique s'ecrase non loin de la dans les dunes...

Tout commence donc par ce drame, qui va marquer durablement la vie des deux adolescents. Tres rapidement, ils se perdent de vue, puis se retrouvent bien ages, et c'est la que le livre se transforme en une sequence de scenes modianesques (les bons!), notamment dans les passages parisiens dans le bois de Boulogne, a Passy, au cimetiere puis au cafe avec l'arrivee d'un nouveau personnage (je m'attendais a quelqu'un d'autre....), sur lequel on en apprend bizarrement plus que les trois personnages principaux. Grand moment aussi que les vingt dernieres pages, qui revelent egalement un vrai talent de conteur, et une scene finale plus qu'emouvante.

Ce n'est d'ailleurs que dans le dernier paragraphe que l'on comprend le titre de ce delicieux petit roman ecrit par l'auteur danois Jens Christian Grøndahl. Mention TB pour la couverture en Folio...

Cela donne envie d'en trouver d'autres...

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28 novembre 2006

LU - Enregistrements pirates, de Philippe Delerm

pirates

A nouveau des instants de la vie quotidienne, des fragments d'existence voles au passage, sans liens les uns avec les autres: brèves de comptoir, adieux sur un quai de gare, échanges de textos, grande bourgeoise qui sort son chien place Saint-Sulpice à Paris ou une évocation de l’auteur lui-même qui roule de nuit en écoutant un disque.

Des textes courts donc, des enregistrements pirates de la vie qui passe, écrits et ciselés dans un style pur et non pas dans la langue quotidienne des faits qu'ils sont censés reproduire.

On se sent moins directement concernés qu'avec "La Petite Gorgée de Biere", mais le travail de Delerm restera une vraie source d'inspiration pour tout ceux qui, un jour, décideront de prendre la plume.

En commencant petit, dans la vie de tous les jours. Et court!

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18 novembre 2006

LU - La traversée de la nuit, de Geneviève de Gaulle Anthonioz

TRAVERSEE

En 1998, Geneviève de Gaulle, nièce du général, matricule 27 372, racontait son expérience du camp de Ravensbrück. Son quotidien fait d'humiliations. Isolée dans le bunker du camp, souffrant de pleurésie, de scorbut, priant, se récitant des poèmes, organisant des courses avec les cancrelats de sa cellule, offrant un cadeau  à sa geôlière le jour de Noël !

"Pour le moment, je suis dans un bâtiment à l'intérieur du camp de Ravensbrück, appelé bunker. C'est une prison qui sert aussi de cachot. En ce cas il n'y a pas de couverture, ni de paillasse, le pain est distribué tous les trois jours, la soupe tous les cinq jours. La condamnation au bunker est accompagnée d'une bastonnade : vingt-cinq, cinquante ou soixante coups auxquels la détenue survit rarement. Nous savons tout cela au camp et aussi que des jeunes femmes, cobayes humains, ont subi dans ce lieu les horribles expériences du professeur Gebbardt".

"La porte s’est refermée lourdement. Je suis seule dans la nuit. A peine ai-je pu apercevoir les murs nus de la cellule. En tâtonnant je trouve le bat-flanc et sa couverture rugueuse et m’y allonge en essayant de renouer avec le rêve interrompu : tout à l’heure je marchais sur un chemin éclairé par la lune, une lumière si douce, si bienfaisante, et des voix m’appelaient. Soudain il n’y eut plus que le faisceau d’une lanterne, le visage effaré de notre chef de baraque, l’ordre rauque de me lever et l’ombre de deux SS. Cauchemar ou réalité ? Baty et Félicité, mes voisines de paillasse, se sont réveillées. Elles ont rassemblé quelques objets, dont mon quart et ma gamelle, m’ont aidée à descendre du châlit, m’ont embrassé. Quel sort m’attend ? Il arrive que les exécutions aient lieu ainsi la nuit."

"L’aube se lève à peine, c’est peut-être celle de l’espérance ?".

C’est la dernière phrase du récit. Foi et espoir en l'homme en une cinquantaine de pages, plus de cinquante ans apres les faits.

N'est-ce pas ce qui manque un peu aux "Bienveillantes", que je respecte et apprecie pour l'exploit litteraire, mais si sombre, si tourné vers les bourreaux, et ignorant leurs victimes?

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16 novembre 2006

LU - Le passager de la pluie, de Sébastien Japrisot

pluie

Lecture de saison (meme si le livre est sorti il y a longtemps deja, de meme que le film avec Marlene Jobert et Charles Bronson qui fit un tabac a l'epoque).

Une petite station balnéaire en automne. Une jeune femme sage, mariée à un navigateur aérien : Mellie. Un soir de pluie, toute sa vie bascule : le passager d'un autocar qui n'amène plus personne la surprend chez elle, l'attache sur son lit et la violente.

Par l'auteur de "L'ete Meurtrier", "Un long dimanche de fiancailles", "Compartiment tueurs" et "La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil".

Ce court roman écrit pour le cinéma ressemble vraiment à un scénario, alternant descriptions très visuelles et dialogues formels. Tout cela part tres bien, et l'on ressent une reelle tension se mettre peu a peu en place. Et puis sur la fin, comme dans les dix dernieres minutes d'un film d'espionnage ou l'on perdrait tout d'un coup le fil de l'intrigue, la situation se complique, s'embrouille, l'écriture perd de son efficacité, et le récit sa force. Dommage...

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15 novembre 2006

LU - La messe anniversaire, de Olivier Adam

anniversaire

"Caroline n'existe plus que dans nos têtes, dans nos souvenirs et dans nos larmes. "

Caroline est morte. Il y a un an déjà. Elle avait quinze ans quand sa vie a basculé. Ça s'est passé lors d'une fête entre copains. Elle était là, bien vivante. Et la seconde d'après, elle n'était plus qu'un corps désarticulé sur le béton. Depuis, chacun de ses amis témoins de la scène, apprivoise sa peine, vaille que vaille, dans son coin. Et la vie continue.

Il y a Titou, qui déraille un peu, Sophie, qui refuse d'oublier de peur de trahir ; Nico, l'ami d'enfance, celui du premier baiser ; Marilou qui a déménagé et refait sa vie; Alex qui essaie de vivre pleinement et tout de suite, malgré la culpabilité... Chacun d'entre eux vient de recevoir par la poste un carton d'invitation frappé d'une petite croix grise.

Ils sont invités samedi à la messe anniversaire et vont se retrouver après un an de deuil.

Apres "Je vais bien, ne t'en fais pas", j'attendais avec impatience la lecture de ce second livre d'Olivier Adam dont j'avais lu le plus grand bien. Un peu surpris de l'Edition a l'Ecole des Loisirs. Sur le moment, j'ai pense qu'Olivier Adam avait ecrit un livre pour enfant.

Pas vraiment le cas, c'est plutot ecrit pour les adolescents, mais pour les adultes, quel bijou egalement.

Ces cinq jeunes sont deboussolés et fragilisés par la disparition subite de leur amie. A peine entrés dans l'adolescence, ils font chacun face a leur facon, tant bien que mal. Tout un livre sur l'absence et le vide laisse apres une disparition, avec des mots tout simples, relatant les amitiés entre adolescents, des sentiments pas vraiment controlés, des vies banales qui doivent continuer malgre tout.

C'est émouvant, et je recommande vivement!

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LU - Romy Schneider, de Sophie Guillou

schneider

Novembre 1981 : Romy Schneider tourne La Passante du Sans-Souci à Berlin. Ce sera le dernier film de cette grande actrice qui disparaît six mois plus tard. De Sissi aux héroïnes de Sautet, tour à tour pudique et provocante, libre et asservie, déchirée entre son pays d'origine et son pays d'adoption, elle incarne, derrière son sourire lumineux, une fragilité qui nous émeut encore. Même à quarante-trois ans on peut mourir d'une blessure d'enfance...

Dans cette petite biographie de 136 pages, nous decouvrons la vie de Romy Schneider, en  perpétuel état de vertige, loin de l'image parfaite de Sissi l'imperatrice. Des parents stars du cinema allemand d'avant guerre, une enfance marquée par l’abandon du père, la gloire avec Sissi, la fuite vers Paris, la rencontre avec Alain Delon, puis l'abandon, un retour en Allemagne, les amours d'une nuit, l'alcool, le mariage, l'abandon encore, puis la mort de son fils David.

« Ce que Romy Schneider nous donne à voir, c’est une manière de goûter l’instant, de tout son être. Devant nos yeux éblouis, elle le savoure, intensément. Elle vibre. Elle vit. Pour toujours. »

Apres avoir lu ce livre, vous aurez envie de revoir tous ses films: La Piscine, Les Choses de la Vie, Max et les Ferrailleurs, Cesar et Rosalie, Le Vieux Fusil, Une histoire simple, La Passante du Sans-Souci... et tous les autres.

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10 novembre 2006

LU - Et des amours desquelles nous parlons, de Jean-Denis Bredin

bredin

Un homme, trois femmes. Lui, c'est Claude, un professeur de lettres. Autour de lui, Agnès, avec laquelle il a doucement construit une histoire d'amour qui devient conjugale ; Judith, la maîtresse mariée qui bovaryse et « beauvoirise », et s'offre les plaisirs interdits de l'adultère en s'arrangeant pour ne pas compromettre son confort ; Estelle, enfin, qui, le temps d'un éclair, fera deviner à Claude ce que peut être la passion…

Il parait qu'il s'agit d'un «fond de tiroir», écrit dans les années 1960, retrouvé au hasard pour le plaisir de nos yeux. Aventures imaginaires retouchées. Désillusions amoureuses d'un homme somme toute incapable d'aimer, et de choisir. Portrait si juste d'un pauvre caractère, d'un homme faible peu aimable et pourtant si aime.

"C'était si simple d'être tantôt en deçà, tantôt au-delà, d'avoir les mots de l'amour sans les prendre au sérieux, et, le reste du temps, selon l'heure, le vocabulaire du flirt ou de l'amitié, avec en plus, pour entretenir l'indécision, les regards sans fin, les silences graves ou voluptueux soudain démystifiés d'un sourire!"

Il faut que jeunesse se fasse. Jean-Denis Bredin n'a plus ce problème: il siège a l'Academie Française

De Pierre de Ronsard: Les Amours de Marie

Je vous envoie un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies;
Qui ne les eût à ce vêpre cueillies,
Chutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de temps cherront toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.

Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame;

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.
Pour c'aimez moi, cependant qu'êtes belle

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LU - La serveuse etait nouvelle, de Dominique Fabre

serveuse

C'est un garçon de café. Il travaille à Asnières, près du tunnel de la gare. Il voit les voyageurs, toujours pressés, longer le café, parfois ils entrent. "Je ne regarde pas trop dehors, parce que tout ce qui m'importe dans la vie finit toujours par s'installer en face de moi à mon comptoir". Certains clients, Pierre les aime bien. Le jeune homme vêtu de noir qui ne boit que de la bière en lisant Primo Levi, la femme "perdue dans sa beauté" qu'il ne verra qu'une fois, le type qui se met à poil pour aller se jeter dans la Seine quand il a pris une cuite. Et puis il y a la serveuse, Sabrina, une fille courageuse, toujours pimpante pour ses deux gamins qu'elle élève seule. Il aurait pu l'aimer, peut-être, mais il y a si longtemps qu'il n'a pas emmené une femme dans son studio, et la dernière il l'a quittée, va savoir pourquoi... Sauf que son comptoir, bientôt, n'accueillera plus les gens du quartier. Les patrons ne vont pas fort en ce moment. Alors, pour le garçon de café, se profile peu à peu la vraie solitude: plus personne à qui prêter l'oreille. Et toutes ces histoires qui vibraient autour de lui, toutes ces vies qui palpitaient se font silence.

On demarre ce livre sans trop savoir ou l'on va arriver. Le titre vous porte vers la serveuse, l'histoire vers les patrons, mais on revient a la vie du serveur, un homme proche de la retraite, mais attentif aux autres, a la vie discrete et un rien émouvante.

Extrait:

"... que ca aille ou pas, il y a toujours un comptoir de cafe et un garçon un peu ratatine mais tres profesionnel pour leur servir ce qu'ils desirent et puis, juste apres, ils ont fini leur petite gamberge, ou bien ils n'ont reflechi a rien, et au moment de repartir, le garcon leur a dit merci, au revoir, et bonne journee."

Ca donne envie d'y aller...

Posté par Bebebook à 05:41 - Fabre, Dominique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 novembre 2006

LU - L'ete, de Rene Fregni

ete

Paul tient un restaurant dans le sud de la France. Une vie simple de soleil et d'amitié brute. Un jour d'été, une femme prénommée Sylvia percute sa vie tel un météore. Sylvia aime un peintre maudit qui vit dans une cave. Amante fêlée d'une inhumaine beauté, elle entraîne Paul dans les rets d'une passion diabolique, parasitée par le spectre d'un rival intouchable ou presque...

Damnation et passion deferlante sous le soleil d'ete, en Provence. On ne lache pas l'Ete en route...

Posté par Bebebook à 06:04 - Fregni, Rene - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 novembre 2006

LU - L'absolution perfection du crime, de Tanguy Viel

CRIME

L'Absolue perfection du crime reprend l'un des poncifs les plus usés du cinéma de genre, l'histoire d'un hold-up raté - le casse manqué d'un casino. Tout y est: les retrouvailles à la sortie de prison, la préparation minutieuse du plan, le casse avec évasion du magot par la voie des airs au moyen d'une montgolfière téléguidée, le partage du butin, l'arrestation, les trahisons, la vengeance...

Le tout dans un décor marin breton. C’est donc la Sicile en Bretagne!

Construit en trois actes, L'Absolue perfection est un polar feutré, implacable, dont on sait dès le début qu'il finira mal. Cela reste neanmoins jubilatoire, tant le texte est totalement maitrise. Du grand travail.

Posté par Bebebook à 19:24 - Viel, Tanguy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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