Bebebook - Les petits livres

01 mai 2007

LU - L'amour est très surestimé, de Brigitte Giraud

amourgiraud

" Vous n'avez rien vu venir et vous ne l'aimez plus.
Vous demandez à vérifier. Il s'agit d'être sûr. Mais vous doutez. En fait, vous l'aimez et ne l'aimez pas à la fois. Il faudrait vous décider, ça devient agaçant. Vous l'aimez pensez-vous, mais ne supportez pas quand il traverse le salon en peignoir. Quand il s'installe devant la télévision dans cette tenue, les cheveux encore mouillés, plaqués en arrière. Lui, sans doute vous l'aimez, mais c'est la même scène répétée chaque jour qui vous indispose.
Il ne s'agit pas de tout mélanger. Ce qui est sûr, c'est que vous éprouvez de la tendresse pour lui. C'est ce que l'on dit, paraît-il, quand on n'aime plus. Plus on éprouve de tendresse et moins on aime, alors ? Mais qui peut dire la différence entre les deux ? La tendresse, c'est quand on n'a pas de désir. On se caresse la joue avant de s'endormir. C'est Pimprenelle et Nicolas. "

Les histoires d'amour finissent mal, en général.

Avec "A présent", nous avions deja accompagné l'auteur, une boule dans la gorge, dans le trajet douloureux des quelques jours suivant la mort de son mari, a laquelle rien ne la préparait. Une histoire d'amour et de mort.

Ici, ce sont onze breves autopsies de la fin de l'amour et de la passion, de la disparition du désir, du deuil, du divorce. Rage, méfiance des autres, mélancolie, gémissements, silence, maladresse, désespoir, que cela semble dur.

L'ultime étape du livre laisse entrevoir la permanence de la vie et de l'amour, avec un dernier pincement au coeur. Un brin de lumiere, apres tout.

L'amour est très surestimé finit bien.

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16 mars 2007

LU - Etat Limite, de Pierre Assouline

227

etatlimiteRÉSUMÉ DU LIVRE

"... Entre ses amis rangés et ses amis dérangés, il éprouverait toujours une secrète attirance pour les seconds. Ceux dont l'esprit avait fait un pas de côté. La fêlure, voilà ce qui le captivait chez les gens. Toute sa curiosité n'avait pour objet que de cerner le lieu et l'instant de cette faille dans une vie. Jusqu'à en être hanté... "

Il m'aura fallu un mois et demi pour finir ce livre. Tout simplement parce que je n'ai rien lu en un mois et demi! A raison de 227 pages en 45 jours, cela donne environ 5 pages par jour. Juste de quoi s'endormir avant de se coucher. Comme quoi il devait se passer autre chose: LE BOULOT!

Et pourtant, le long de la ligne 6, entre Bir Hakeim et Passy, entre XV et XVI eme, entre grande famille et gens ordinaires, quel programme! Quand l'heritage d'un grand nom devient peu a peu un boulet. Le genealogiste mene l'enquete. Toujours un petit passage par les archives. Cela n'est pas pour rien que Pierre Assouline est un de nos meilleurs biographes, et un perpetuel observateurs des grandes et petites choses. Donc je recommande sans reserve.

Si le livre ne vous tente pas, et que vous preferez regarder votre ecran, allez sur son blog "La Republique des Livres", vous y prendrez une dose de plaisir quotidien!

http://passouline.blog.lemonde.fr/

Et la prochaine fois, j'essaierai de lire plus vite, mais je ne promets rien...

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03 mars 2007

LU - Trapéziste, de Tristane Banon

214

trapezisteRÉSUMÉ DU LIVRE

Flore Dubreuil se casse régulièrement ses jolies dents dans le monde des gens connus et savoure les purs moments de "vie facile" qui jalonnent son quotidien de galérienne.
Les filles comme Flore ne savent pas vraiment où elles en sont et cherchent la meilleure manière de naviguer entre les fêtes au dom pérignon et les découverts bancaires sans attraper le mal de mer. Pourtant, elle ne dit pas grand-chose de sa vie qui va de travers. Elle sait bien que si elle raconte à ses amis du beau monde son assurance voiture qu'elle n'a pas payée depuis huit mois et l'huissier qui veut débarquer à la maison " avec frais de serrurier et cassage de porte " à sa charge, ils ne feront rien.
Ces gens-là ne savent pas ce qu'est la vraie compassion, ils ne connaissent que la surface des choses et commencent toutes leurs phrases par "ma pauvre chérie", "mon cœur " ou "ma belle", qui veulent simplement dire qu'ils ont oublié votre prénom.

Il y a temps de livres "girlie" a livre, je me suis dit que j'allais tenter celui-ci, d'autant plus que Tristane Banon (déja tout un programme, ce prénom et ce nom!) avait eu un petit succés d'édition avec "J'ai oublié de la tuer", et quelques bons échos dans la presse, et meme un passage chez PPDA, auquel ce livre est dédié!... Voila le résultat des courses. Quelques citations pour commencer. Cela risque de vous décourager, mais il faut prendre le temps.

"Mon quotidien, c'est le grand écart, un numéro de trapéziste entre le très haut et le très bas. Je n'ai jamais vraiment aimé les numéros de crique. Pourtant, je crois que j'aime bien ma vie."

"Ma vie est beaucoup plus drôle lorsque je l'écris. D'ailleurs c'est seulement ainsi qu'elle me paraît supportable."

"La petite sauterie se passe dans une cave. Une cave quand c'est à Saint Germain des près, ça devient tout de suite classe."

"Je suis une fille facile à quitter"

"Bizarrement, une fille que les hommes n'ont jamais le temps de faire souffrir fait fantasmer."

et en final, tout un paragraphe!

« Qu’on me laisse l’illusion que cette vie est ma très grande richesse. Je suis libre, c’est mon bien le plus cher. Je ne suis pas vraiment fière de ça, je l’ai hérité de ce qu’on a ravagé dans ma tête quand j’étais gamine. Elle ne peut plus me plaire, la vie balisée. Je garde mes petits boulots qui font manger, parfois. Et si je ne peux plus manger, je sortirai et je boirai. L’alcool est souvent gratuit quand on connaît du monde. Quand je n’en pourrai plus de boire, je poserai pour quelques photos de mode qui illustreront des catalogues de vêtements pas toujours jolis, et je remercierai ma tendre mère de m’avoir fait un visage qui “prend la lumière” et une confection 34. Je garde ma vie hors norme et sans contrainte. Je garde mon incertitude du lendemain et mes coups de cafard. Je garde tout, puisque, de toute façon, vous ne voulez pas de moi dans vos boutiques. »

Alors?

Ce livre nous entraîne bien dans la vie totalement débridée d'une jeune parisienne, belle plante blonde, célibataire, fauchée et libérée. Pas mal de Saint Germain des Prés (what else?), beaucoup de soirées en boite, énormement de champagne, de week-ends, quelques hommes célébres de passage, un découvert bancaire permament, un frigidaire vide (pas grave) et un banquier compréhensif. Je n'ai pas bien compté le nombre de partenaires de la belle, ni retenu leur age. Les professions de ceux-ci sont en général médiatiques. Je me suis souvenu du lien de parenté de l'un d'entre eux - glauque. Un peu de name dropping pour animer le tout. Le style Bridget Jones s'invite au début de chaque chapitre: date, montant du découvert, assurance impayée, quantité de champagne bue, heures de plaisir ou de désespoir.

En conclusion, pas un monument littéraire, mais une bonne mise a jour sur le milieu germano-pratin au début du XXI eme siecle. Amour, gloire et beauté! Et un peu de sexe quand-meme! Comme quoi rien ne change.

J'ai lu mon livre girlie.

Bebebook

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27 février 2007

LU - L’influence de l’argent sur les histoires d’amour, de Christophe Donner

93

INFLUENCERÉSUMÉ DU LIVRE

Aux courses, connaître le gagnant de la prochaine est à la portée de tout le monde. Ce qui est beaucoup plus difficile, c'est de le jouer. La plus grande catastrophe qui puisse arriver à un turfiste, c'est de rencontrer une femme et de se marier. C'est ce qui est arrivé au narrateur. La peur s'est installée, et la honte de perdre. Il fut paralysé. Dans ces conditions, il a presque totalement renoncé à jouer. Et puis un jour, Lucia lui a montré un manteau à col de vison dans une vitrine, à trois mille euros. Elle le voulait. Alors, il est reparti en guerre.

donnerTout d'abord, un petit avertissement! Ne cherchez pas la sublime couverture de l'édition originale, très "Magritte", si vous vous procurez ce délicieux petit livre en format poche. Je ne sais pas bien ce qui est passe par la tête des éditeurs, mais vous avouerez que l'encre jaune tombée par mégarde sur cette belle feuille bleue, en plus d'être particulièrement laide, n'a strictement rien a voir avec le Schmilblick.

Vraiment dommage donc. Et le Schmilblick me direz vous?

Est-ce une histoire d'amour d'un homme tout simple?
Est-ce une passion pour un cheval qui ne trotte pas comme tous les autres?
Est-ce l'histoire d'une petite fille qui aime bien les McDo?
Est-ce l'amitié des parieurs sur les champs de course (enfin, à Vincennes)?
Est-ce un moyen facile de comprendre comment fonctionne les paris (il n'est jamais trop tard!)
Est-ce un récit sur la passion du jeu?
Est-ce l'histoire d'un vison, à ne pas acheter en soldes, cela serait vraiment trop plouc?

Je vous laisse à votre lecture... Au triple galop, une tres belle histoire de trot, et pas besoin d'être un lecteur assidu de Paris-Turf, bien au contraire!

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26 février 2007

LU - Moi, j'aime pas la mer, de Françoise Xenakis

160

aimepasmerRÉSUMÉ DU LIVRE

Pendant plus de quarante-cinq ans, chaque été, Françoise Xenakis a vécu un enfer. Iannis, son mari, ne délaissait la musique que pour sa seconde passion, le kayak en haute-mer. Mais pas seul. En famille. Afin que "son bonheur soit complet", disait-il. Tout le temps et par tous les temps, ramer, ramer à longueur de journée. Et quand enfin une crique, parfois, apparaissait à l'horizon, il fallait qu'elle soit déserte pour que femme et enfant puissent, enfin, se prélasser au soleil. Sinon, Iannis Xenakis remettait son fier esquif à l'eau, et vogue la galère. Qu'importe si, dans la manoeuvre, le bébé prenait l'eau en même temps que le barda familial. Il faut dire que le maître avait été champion olympique de la catégorie. Bref, Françoise Xenakis, qui aimait son immense musicien de mari, le haïssait (?) chaque été

Si vous non plus vous n'aimez pas la mer, les croisières en famille, les semaines à la montagne, les week-ends à la campagne, les courses du samedi après-midi, ce livre est pour vous!

Françoise Xenakis est bien courageuse d'avoir pu supporter les vacances de l'extrême sur son kayak de mer, et la passion égoïste de son mari. Aussi prête à accepter l'insupportable, et son renouvellement, parfois au péril de sa vie, année après année. Moi, cela fait longtemps que je l'aurais balancé à l'eau, le kayakiste fou, et rejoint le virage pour me la couler douce!

Mais bon, cela doit être ça l'amour, car clairement l'objectif n'est pas de vous faire partager le plaisir du kayak, n'en déplaise à la FFKM!

J'espere au moins que la musique de Mr Xenakis était bonne au retour des expéditions nautiques - Docteur Jekyll à terre, Mr Hyde sur l'eau....

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25 février 2007

LU - L’Âme des maisons provençales, de Elisabeth Bousquet-Duquesne et Arnaud Sustrac

119

provencalesRÉSUMÉ DU LIVRE

Filles de leur histoire et ancrées dans leur terre, les maisons de Provence ont l'accent chantant de ses habitants, un accent aux tonalités chaudes quand elles s'étendent au soleil bruissant de cigales, aux inflexions colorées quand elles s'ornent d'ocre et de patine, aux nuances rudes quand elles resistent aux assauts du mistral.

Elles sont belles bastides ou modestes cabanons, perchées en grappe en haut d'une éminence ou solitaires dans la plaine, riantes au bord de la mer ou austères à flan de montagne. Ce livre est une invitation à les visiter, à les observer et à saisir leur âme au détour d'un détail d'architecture d'un meuble ou d'un objet.

Le lecteur se laissera ainsi charmer par un art de vivre incomparable, mêlant utilité et harmonie, qui caractérise la douceur de la vie provençale.

Je prends l'habitude de vous faire partager une lecture du week-end, avec cette fois-ci l'un des titres édités par Ouest-France (L'âme des maisons provençales, mais aussi bretonnes, alsaciennes et des Hautes-Alpes).

Sans être ce que l'on appelle "un beau livre", L’Âme des maisons provençales en a toutes les qualités, de part la richesse de ses textes, mais surtout, grâce a la la combinaison parfaitement réussie des photographies et des illustrations (dessins et aquarelles) d'Arnaud Sustrac.

Différents types d'habitat, environnement extérieur, matériaux, pièces a vivre ou dormir, objets quotidiens: tous les chapitres contribuent a évoquer un art de vivre. Non pas comme une visite de musée, mais bien comme la manifestation d'une âme vivante, bien commun de tout ceux qui habitent ou rêvent d'habiter en Provence.

provenceUn petit clin d'oeil a Ouest-France qui couvre ainsi une region eloignée de ces bases.

En complément a cette lecture, pour continuer de se bercer le temps d'un week-end: Si j'avais un mas en Provence (Equinoxe) et Mas et Bastides de Provence (Aubanel). La, vous aurez fait le plein de cigales, tommettes et pigeonniers!

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24 février 2007

ACTU - La passe dangeureuse, de Somerset Maugham

182

PASSERÉSUMÉ DU LIVRE

Peu de mondes semblent aussi éloignés l'un de l'autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell.
On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l'auteur de 1984 qu'il admirait " immensément " Maugham pour son " talent à raconter une histoire sans la moindre fioriture ". Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d'amour dans le Hong-Kong de la grande époque coloniale anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes sœurs... Ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une maîtrise raffinée du " bel ouvrage..

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23 février 2007

LU - Thornytorinx, de Camille de Peretti

152

thornytorinxRÉSUMÉ DU LIVRE

Depuis toujours, Camille est une princesse. Elle doit donc avoir de jolies robes (traduisez: faire du shopping), être intelligente (comprenez intégrer une grande école de commerce) et être toujours la plus belle (en d'autres termes être mince). Elle s'attelle consciencieusement à la tâche et, à vingt ans, c'est une élève brillante, élégante, et une véritable brindille de 50 kilos pour 1 mètre 70. Mais lorsque ses études l'éloignent de ses rêves, que son cœur s'enflamme pour un beau ténébreux et que son poids commence à fluctuer, rien ne va plus. Son recours? Se faire vomir, systématiquement, jusqu'à l'obsession: Camille est devenue une boulimique anorexique. Seulement, les princesses ne sont pas malades, et pour l'ex-petite fille modèle va alors commencer un long et tortueux combat...

Les tribulations et la guérison d'une boulimique-anorexique.

Dans une grande école commerciale (l'ESSEC), pendant son stage au Japon, dans une banque d'affaire, puis en famille, en couple et en traitement à Paris.

Ce qui aurait pu être une complainte larmoyante, allant de cuvettes en caniveaux, s'avère au contraire le récit vif et jamais misérabiliste d'une jeune femme traversant son époque au pas de course.

Comment vouloir être maigre se révèle être la manifestation d'un trouble beaucoup plus profond, dont nous suivons la genèse au travers des séances passées avec le psy. Problème avec la nourriture, mais surtout manifestation d'un problème avec sa mère (la j'en ai appris beaucoup en quelques pages...).

Ce n'est donc jamais glauque, mais toujours intelligent, instructif, parfois drôle et d'actualité.

Camille de Peretti s'annonce comme comédienne. Si cela ne marche pas pour elle dans cette voie, sa diversification est assurée (puisque exit la carrière financière!). D'ailleurs, elle vient de sortir "Nous sommes cruels".

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ACTU - Leçons particulières, de Hélène Grimaud

192

LECONGRIMAUDRÉSUMÉ DU LIVRE

Comment surmonter ses doutes ? Comment élever son âme ? Comment définir la passion, voire l’amour ?

Telles sont les questions que se pose Hélène Grimaud, au cours d’un triple voyage : voyage en Italie dont elle nous fait partager les beautés ; voyage initiatique jalonné de rencontres avec de curieux personnages qui la renseignent sur le sens de la vie ; voyage intérieur enfin où, au terme de sa quête, elle montre comment retrouver le chemin du bonheur. Ou comment unir, dans la même ferveur, la musique, le monde sauvage et une passion absolue pour l’existence.

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21 février 2007

LU - Hit-parade, de Arnaud Guillon

173

hitparadeRÉSUMÉ DU LIVRE

« Allongée dans les draps humides, elle se rappelait ensuite leur premier baiser, et cette chanson, Message personnel, pour laquelle elle avait maintenant une tendresse particulière. Ce jour-là, Françoise Hardy était un peu devenue son amie, et le mois de septembre qui annonçait jadis la fin des vacances, la rentrée des classes et le retour de l'automne, le mois du bonheur. Jamais son sourire, quand sur l'écran du plafond elle croyait apercevoir la salle du Zeyer, n'échappait à Harold. »

Après Près du Corps et Écume Palace, je viens de me délecter dans le nouvelle production d'Arnaud Guillon, qui s'attaque avec bonheur au genre de la nouvelle dans Hit-Parade.

Nostalgie et mélancolie musicale sont toujours au rendez-vous dans les six nouvelles parsemées des tubes de Françoise Hardy, David Bowie, Gérard Lenorman, Léonard Cohen, Leo Ferre, Serge Regianni et des Beatles qui constituent autant de madeleines tout au long des textes ciselés avec le style maintenant caractéristique d'Arnaud Guillon.

Que ce soit a la sortie de la Fnac, au pied d'un appartement parisien des boulevards de ceinture (Modiano toujours présent!), auprès d'un couple au bord de la rupture, ou en Italie pendant un mariage ou l'on imagine tous les invités sortis d'un pub pour San Pellegrino, Guillon fait défiler les souvenir et les réminiscences du passé.

C'est mélo, suranné, pleins d'émotions et de trémolos. Juste ce qu'il faut pour chacune des six nouvelles qui aurait pu doubler de volume, mais point trop n'en faut.

Guillonesque a souhait! Souvenir, souvenir, n'est-ce pas le titre d'une chanson...

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20 février 2007

LU - Ecrivain (en 10 leçons), de Philippe Ségur

189

ECRIVAINRÉSUMÉ DU LIVRE

A l'âge de onze ans, ma vie a connu un véritable tournant. Je me suis mis à écrire. L'écriture est une activité nettement moins dangereuse que de se promener dans la cour de son immeuble un mercredi après-midi en tenue de Méga-Condom. J'ai pu m'y livrer sans dommage avec une grande ardeur. Ma mère ne voyait pas d'un très bon oeil cette nouvelle passion. «De la blague, disait-elle. Trouve-toi d'abord une bonne situation, tu feras écrivain ensuite.» Elle considérait les gens de lettres comme des saltimbanques, des crève-la-faim qui ne tenaient rien de solide. D'ailleurs la plupart mouraient jeunes, ce qui prouvait à quel point Us étaient incapables. Les seuls qui trouvaient grâce à ses yeux avaient un vrai métier. Ils étaient ambassadeurs, ministres, chirurgiens. Ils écrivaient des livres à temps perdu, pour se distraire. L'absence de soucis matériels était la condition préalable d'une bonne création. Généralement, elle la rendait même superflue et ainsi tout rentrait dans l'ordre.

Comment ne pas vouloir acheter ce livre lorsqu'on est friand de livres et d'écriture?
Comment ne pas vouloir retrouver l'humour de Philippe Ségur et de ces derniers livres?

Comment, malheureusement, derrière la merveilleuse auto-derision pratiquée par l'auteur, ne pas se sentir aussi un peu déçu au fil des pages par cette autobiographie burlesque allant de l'enfance a l'âge adulte d'un ecrivain pas ordinaire.

L'humour et une certaine absurdité sont bien présents d'un chapitre à l'autre, mais les traits un peu forcés et artificiels  deviennent un peu lassants au fil des pages. On souhaiterait éclater de rire, mais cela ne vient pas tout à fait.

Les quatre dernières pages viennent me contredire. Une merveilleuse conclusion sur les conséquences du travail de l'écrivain, pour soi-meme et pour son entourage. C'est pour moi le meilleur chapitre du livre, et donc la "leçon" qu'il faut en retenir! Sans doute la seule partie du livre où Philippe Ségur ne se retranche plus derriere le caractere farfelu de Phil Dechine, prix Mirabeau des Veterinaires effrayé par les téléphones en tout genre...

Rien que pour cela, trouvez le moyen de mettre la main sur ce livre publié aux Editions Busch-Schatl, pardon, Buchet-Chastel. Si bien sur il vous tente de devenir écrivain un jour ou l'autre!

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19 février 2007

LU - La Nuit, de Elie Wiesel

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lanuitRÉSUMÉ DU LIVRE

Né en 1928 à Sighet en Transylvanie, Elie Wiesel était un adolescent lorsqu'en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau.

La Nuit est le récit des souvenirs qu'Elie Wiesel conserve de la séparation d'avec sa mère et sa petite sœur qu'il ne reverra plus jamais et du camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures… et la honte de perdre sa dignité d'homme quand il ne répondra pas à son père mourant.

« La Nuit, écrivait Elie Wiesel en 1983 est un récit, un écrit à part, mais il est la source de tout ce que j'ai écrit par la suite. Le véritable thème de La Nuit est celui du sacrifice d'Isaac, le thème fondateur de l'histoire juive. Abraham veut tuer Isaac, le père veut tuer son fils, et selon une tradition légendaire le père tue en effet son fils. L'expérience de notre génération est, à l'inverse, celle du fils qui tue le père, ou plutôt qui survit au père. La Nuit est l'histoire de cette expérience. »

Cet ouvrage est paru en 1958 aux éditions de Minuit et c'est le premier ouvrage d'Elie Wiesel qui est, depuis, l'auteur de plus de quarante œuvres de fiction et non-fiction. Prix Nobel de la paix en 1986, il est titulaire d'une chaire à l'université de Boston.

La Nuit a fait l'objet d'une nouvelle traduction aux États-Unis, en janvier 2006, avec une préface d'Elie Wiesel, et cette édition connaît un succès considérable.

Combien de 650.000 acheteurs des Bienveillantes (dont je suis) ont lu La Nuit de Elie Wiesel?

Prenons nous à rêver. Gallimard offrant à chacun des acheteurs un exemplaire, afin qu'il puisse découvrir l'envers du décor, vue du cote des victimes des camps, au travers des yeux d'un jeune garçon pieux, versé dans l’étude des textes bibliques.

L’expulsion des Juifs étrangers, la création des ghettos, l'apparition de signes avant-coureurs du drame, insuffisants toutefois à  faire croire a la réalité du danger. Puis avec l'évacuation du ghetto, une interminable marche vers la déshumanisation, avec le passage d'un camp a l'autre, année de calvaire jusqu'au printemps 1945.

La Nuit est le récit de pertes successives. D'une mère, de soeurs, de Dieu, de la foi. Résultats du travail de sape des nazis, et de leur volonté d’anéantir toute dignité, avant d'effacer purement et simplement les individus de la surface d'une Terre de folie.

Auprès de son père, Elie poursuivra sa descente aux enfers, jusqu'à la disparition de ce dernier, et la libération par les armées russes quelques jours plus tard.

Effroyable. Et inoubliable.

« Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée. Jamais je n’oublierai cette fumée. Jamais je n’oublierai les visages des petits enfants dont j’ai vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi. Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre. Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert. Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même. »

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17 février 2007

LU - Rockwell, de Karal Ann Marking

96

rockwelltaschRÉSUMÉ DU LIVRE

L'histoire de ma vie est, vraiment, l'histoire de mes images et de la façon dont je les ai faites parce que, d'une façon ou d'une autre, tout ce que j'ai vu ou fait est toujours passé dans mes peintures.

Norman Rockwell

J'ai toujours eu un faible pour les Éditions Taschen qui arrivent a éditer de merveilleux livres sur l'art a des prix défiant toute concurrence. Passez dans leur librairie rue de Bucci a Paris est toujours un moment plus qu'agreable dont on revient rarement les mains vides.

rockwellCe petit livre (il existe aussi un volume plus imposant mais plus coûteux) couvre l'oeuvre de Norman Rockwell, que l'on a aussi nomme le "peintre préféré de Amérique). Vous connaissez certainement ses peintures, car cet illustrateur extremement prolixe a dominé son siècle de sa production, et fait la une des grands titres US année après année, par des thèmes sociaux, religieux, sportifs, politiques et familiaux.

rockwellporUn vrai plaisir pour les yeux donc (un illustrateur devenu artiste a part entière, qui a maintenant son musée aux États-Unis) et aussi la possibilité de traverser par le texte de l'auteur la vie de l'artiste au travers de sa production et de l'evolution des États Unis, des années 20 aux années 80. C'est vraiment Amérique profonde.

Rockwell ne peignait rien d'autre. A part lui-meme bien sur!

Un livre pour se faire plaisir, ou un petit cadeau!

Bebebook

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15 février 2007

LU - Saint-Germain, de Gabriel Matzneff

192

stgermainRÉSUMÉ DU LIVRE

Sur ce boulevard qui traverse les cinquième, sixième et septième arrondissements de Paris, Gabriel Matzneff rencontre saint Germain, Giacomo Casanova, les lycéennes de Fénelon, l'empereur Julien, Jean-Paul II, les trois mousquetaires, Giorgio Armani et bien d'autres encore; il nous amène au restaurant, à l'église, à la piscine, à l'hôtel, au cinéma, dans des jardins, chez des libraires...

Ce récit, où le présent mêle ses eaux à celles du passé, où alternent les scènes croquées sur le vif et les souvenirs, où la vie intime de l'auteur s'amalgame à l'histoire du Quartier Latin, constitue à la fois des mémoires et un guide à l'usage du touriste : un genre littéraire hybride, mais, en définitive, extrèmement romanesque.

Voila un livre qui semblait bien tentant, avec 50 chapitres sur les alentours du boulevard Saint-Germain (le monde "germano-pratin").

Au final, un impressionnant méli-mélo de souvenirs personnels plus ou moins récents, l'évocation des (tres) jeunes conquêtes féminines (les nymphettes!) qui ont fait la marque de l'auteur dans les années 70/80, la petite histoire, et la grande aussi, quelques prêtres et cardinaux, catholiques et orthodoxes, quelques personnages vivants, beaucoup de morts, pas mal de restaurants, une piscine coulée, des cinémas disparus, des librairies fermées, une recette du gâteau au chocolat.

La promenade est belle et érudite, mais quelques passages totalement rébarbatifs laissent un goût d'inachevé dans la bouche, comme si Maztneff avait cédé a une certaine facilité, devant absolument tenir ses 50 chapitres.

Une livre a réécrire tous les dix ans? A considérer, vu les récents changements du quartier!

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14 février 2007

ACTU - Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? , de Pierre Bayard

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livresluRÉSUMÉ DU LIVRE

L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l'on se retrouve quand on doit en parler et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un qui ne l'a pas lu non plus.

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13 février 2007

ACTU - Cavalier, passe ton chemin, de Michel Déon

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cavalierRESUME DU LIVRE

L'Irlande existe peut-être... En vérité, on n'en sait rien. La dire imaginaire n'est pas faux non plus. Elle a trop bien joué de ses légendes et de son héroïque et désastreux passé. Entre les illusions et la réalité, la marge est à peine perceptible. Parce que l'Irlande parle d'abondance, le mieux est de l'écouter. Qui croire ? Tout le monde sans doute. C'est bien plus simple. Les temps modernes n'ont pas encore fait taire les conteurs et les rêveurs, mais qu'on ne s'y trompe pas : l'imagination est au pouvoir. Quand un peuple en est aussi généreusement pourvu, il est assuré de survivre à toutes les tyrannies, et, un jour, de se retrouver en pleine lumière, au cœur de tous les dangers. »
Michel Déon.

Le « premier essai d'Irlande » de Michel Déon, à Kilcolgan Castle, dat de 1969, il y a plus de trente ans. Ces « Pages irlandaises » qu'il nous offre aujourd'hui succèdent aux Pages françaises et aux Pages grecques, où il inventait cette manière savante d'entrelacer souvenirs et portraits.
Cavalier, passe ton chemin  ! est un livre de connaisseur, d'esthète aussi, où l'observation passionnée d'un pays et de ses habitants approfondit chaque fois un peu plus un sentiment d'affinité jamais démenti.

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12 février 2007

LU - La tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives, de Philippe Delerm

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trancheeRÉSUMÉ DU LIVRE

Il y a ces petits bouts de souvenirs qui remontent soudainement à la surface... ces plaisirs fugaces qu'on croyait envolés... La nostalgie au bout de la ligne, mais aussi le présent des mouvements, l'arabesque du dribble, la grâce du patineur, l'élégance de la phrase... Il y a le sourire radieux de Colette Besson, la main de Platini dans celle de Batiston, le casque d'or de Jean-Pierre Rives, les estocades de Zidane... Philippe Delerm saisit au vol tous ces gestes qui sont le sport, comme des évidences de joie et de souffrance entremêlées. Ces voluptés sportives, madeleines éparpillées aux quatre coins des stades qui nous font vivre, revivre ces instants d'émotion.

Appelons un chat un chat.

La tranchée d'Arenberg est avant tout un livre de souvenirs sportifs.
Après, c'est un livre de Philippe Delerm.
Ensuite, c'est un livre jubilatoire de souvenirs sportifs écrit par Philippe Delerm.
Finalement, il faut aimer le sport et les sportifs (tout y passe), autrement cela sera un peu plus difficile d'accrocher.

Et pour conclure, vous prenez le livre et vous ne le lâchez plus, et regrettez que cela soit déjà fini! La volupté est bien présente dans chaque chapitre. Ce ne sont plus les plaisirs minuscule de la bière, mais ceux d'un passionne du sport, d'un nostalgique des grandes rencontres, petits gestes, émotions collectives ou personnelles,moments d'anthologie du sport.

Paul Fournel avait trace la voie et marque un essai avec Les athlètes dans leur tète. Philippe Delerm passe la transformation!

Bebebook

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09 février 2007

LU - Une exécution ordinaire, de Marc Dugain

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executionRÉSUMÉ DU LIVRE

Au mois d’août de l’an 2000, un sous-marin nucléaire russe s’abîme dans des profondeurs accessibles de la mer de Barents. Vania Altman ferait partie des derniers survivants. Dans un port du cercle polaire, la famille Altman retient son souffle : elle risque une nouvelle fois de se heurter à la grande Histoire. Un demi-siècle après la mort de Staline, c’est désormais un ancien du KGB qui gouverne la Russie. Après nous avoir fait pénétrer dans les coulisses du FBI avec La malédiction d’Edgar, Marc Dugain offre ici une véritable fresque de la Russie contemporaine. Inspirée de faits réels, elle révèle le profond mépris pour la vie manifesté par les gardiens paranoïaques de l’empire russe.

356 pages avalées en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (un peu plus pour les écrire!)... 356 pages en sept chapitres qui constituent autant d'histoires, subtilement liées par le thème récurrent du livre, la cruauté du régime russe, et son dédain total pour la personne qui pourtant, existe bien.

Avec Marc Dugain, de livre en livre, le plaisir se renouvelle sans cesse. Que ce soit au sujet des chambres d'hôpital, de la France d'avant-guerre, des États Unis et leur CIA, il apporte intelligence a son talent extraordinaire de conteur.

Car on a vraiment l'impression de masser Staline, d'être en Allemagne de l'Est avec le jeune Poutine dans ses années de formation, dans la toundra au-delà du cercle polaire, sur un bateau de pêche, jeune officier a bord du sous-marin Koursk en perdition, en Crimée avec un Poutine devenue tout-puissant, puis dans une ville glaciale de l'ex Union Soviétique, poussant un homme par dessus bord pour le donner en pâture aux crabes royaux.

Divertissant, intelligent. Comme sept petits livres! Après William et Vladimir, a qui le tour?

Bebebook

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30 janvier 2007

LU - Ecume Palace, de Arnaud Guillon

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ecumepalaceRÉSUMÉ DU LIVRE

Écrivain en mal d’inspiration, François quitte Paris pendant la canicule, pour se réfugier à Granville où, enfant, il passait ses vacances. Au hasard des rencontres, il se souvient de ceux qu’il a aimés. Le présent le rattrape au moment où il se laisse aller à la nostalgie.

Après "Près du Corps", j'ai reussi a me procurer Ecume Palace, et poursuivre ma découverte des quelques livres d'Arnaud Guillon. Le décor n'a pas vraiment changé: toujours Granville et la Normandie. Plus de grand-père cette fois-ci, ni de famille,mais une multitude d'amis, maintenant trentenaires, qui ont tous poursuivi leur existence, chacun de leurs cotés. Certains mariés, d'autres célibataires ou sur la voie d'un divorce que l'on sent pointer. Le héros a abandonne sa compagne a Paris pour retrouver finalement une jeune veuve dont il fut autrefois amoureux, avant qu'elle ne parte dans les bras de son meilleur ami, maintenant décedé.

Le présent du livre continue de se nourrir du passé de tous ces personnages, auquel rien ne nous attache particulièrement puisque le livre est court et ne permet pas d'élaborer de longues histoires. Le talent d'Arnaud Guillon continue a nous faire  baigner dans une nostalgie des années 70 toute modianesque.

Conquis, je continue prochainement avec Hit Parade, qui vient de sortir en librairie chez Plon.

Ensuite, il me faudra trouver 15 Août...

Bebebook

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29 janvier 2007

LU - Sa passion, de Véronique Olmi

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RÉSUMÉ DU LIVRE

passionSa passion est le récit d'une enfance revécue le temps d'une nuit par une jeune femme amoureuse et humiliée.
Hélène a 35 ans, elle est écrivain, et cette nuit-là elle dort dans un hôtel isolé de Sologne où elle s'est rendue pour une foire du Livre. Il y a dix jours elle a quitté Patrick, le seul homme qu'elle ait aimé, mais marié, et qui n'a pas choisi de tout quitter pour elle. Cette nuit-là, après dix jours d'insupportables silences, ils se parlent au téléphone, conversation troublée et maladroite où Hélène relate (ou invente, peu importe) qu'un homme vient de lui faire des avances et a déclaré vouloir quitter sa femme pour elle.
A l'autre bout du fil, depuis Paris, l'homme aimé, adoré, rit… Hélène éteint son téléphone… La nuit commence…
Dans la chambre d'hôtel froide et anonyme, alors qu'au dehors les bêtes sauvages redoutent l'aube qui annoncera la reprise de la chasse, Hélène se souvient. Le prix de l'amour. Le chèque mensuel que la cousine faisait à ses parents pour avoir le droit de l'avoir en alternance. Les incessants va et vient entre deux mondes opposés, les pauvres et les riches, les nécessiteux et les puissants…
Qui l'aimait alors ? Tout le monde. Qui l'avait choisie vraiment ? Personne…
Et surtout, qui lui manquait réellement, aujourd'hui ? Quel homme ? Le père, adoré, dont elle n'aura jamais comblé la pauvreté ? Ou Patrick, son premier amour, dont le rire a brouillé les sentiments et les souvenirs ?
Après une nuit d'insomnie, Hélène rejoint le monde des chasseurs et des bêtes traquées et décide de résoudre à jamais, l'énigme de sa passion…

L'héroïne est écrivain, perdue dans un petit salon du livre en province, logée dans un hôtel pommé au milieu de nulle part. Les ingrédients glauques sont a peu près en place.

Et en effet, c'est pas la frite, elle est raide dingue amoureuse (LE GRAND AMOUR), mais d'un homme marié, acteur de cinéma. Et a priori, ça ne va pas le faire. Finies, détruites les grandes heures d'amours a Paris. Médor reste a la niche. Elle se consume. On la retrouve plus jeune aussi, comme si la passion de l'âge adulte ne suffisait pas totalement a la matière du livre ... Bizarre, parce que celui-ci y perd son souffle, sa force.

Allez savoir pourquoi (ah si, l'intrigue!), elle quitte son hôtel en pleine nuit (le déclic), se retrouve dans la foret, pique une voiture de chasseur, et retourne vers la capitale, ou plus précisément Boulogne, au domicile de son amant. Et la...

J'imagine qu'il doit y avoir beaucoup de vécu dans ce livre. A part la fin sans doute...

Cela ne doit pas être drôle d'être Véronique Olmi dans la vie. A se demander si ce n'est d'ailleurs pas pour cela qu'on achète ses livres!

Bebebook

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26 janvier 2007

LU - La classe de neige, de Emmanuel Carrère

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RÉSUMÉ DU LIVRE

classeDès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même l'a toujours su. Pendant la classe de neige, ses peurs d'enfant vont tourner au cauchemar. À partir de la disparition d'un gosse du village, Nicolas invente une histoire rocambolesque de trafiquants d'organes qui s'attaquent aux enfants pour leur voler leurs yeux ou un rein. Et l'imagination débridée de Nicolas n'est peut-être pas si éloignée que cela de la réalité: si nous ignorons d'où va surgir le danger, quelle forme il va prendre, qui va en être l'instrument, nous savons que quelque chose est en marche. Quelque chose de terrible, qui ne s'arrêtera pas.

La classe de neige, c'est avant tout l'histoire d'un enfant au départ fragile, angoissé et qui se crée des montagnes de soucis pour un rien. Le départ pour une dizaine de jours ne représente donc pas la meilleure des nouvelles pour lui, puisqu'il va perdre la protection de ses parents omniprésents.

Arrivés après les autres, ayant oublié ses affaires dans le coffre de la voiture de son père, il se démarque déjà du reste du groupe, et craint par avance les cruautés de ses petits camarades, ou de faire pipi au lit. Celles-ci n'arrivent pourtant pas. La classe de neige n'est donc pas un livre sur les cruautés que peuvent se faire les enfants entre eux, surtout lorsqu'il s'agit de dominer les plus faibles ou ceux qui n'arrivent pas a s'intégrer.

Non, c'est plus un livre sur l'imaginaire de Nicolas, qui se construit un monde et des amitiés virtuelles, avec le mono, avec le plus grand de la classe, pour tenter de passer au travers des évènements, et faire comme si il était finalement ailleurs. Sans succés

Cet univers parallèle va finir par apporter son lot de tension et de cruelles bizarreries. Nicolas est de plus en plus tendu, et se réfugie de plus en plus dans un imaginaire dont il deviendrait en quelque sorte un petit héros. Le drame se met peu a peu en place, et la réalité douloureuse va rattraper le jeune garçon.

La fin est telle qu'on l'attendait, mais je ne la dévoile pas! Cruelle.

Prix Fémina 1998.

Bebebook

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